vendredi, 26 mai 2017
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Communiqué sur les jardins d'éveil

Françoise LABORDE est intervenue au Sénat sur la question orale avec débat consacrée aux jardins d’éveil.
« Le jardin d’éveil se définit comme une transition éducative qui facilite l’éveil de l’enfant et sa socialisation or ce sont précisément les missions dévolues aux crèches municipales et aux crèches familiales.
Pourquoi favoriser une offre d’accueil concurrente à celle des crèches municipales alors qu’il faudrait déployer davantage de moyens pour accroître celle des structures existantes ?
Alors que la France est aujourd’hui championne d’Europe de la natalité, notre pays manque d’équipements collectifs destinés aux enfants de moins de trois ans, soit 300 à 400 000 places.
Il est difficile, pour les parents, de trouver un mode de garde, de concilier vie privée et vie professionnelle, en particulier pour les ménages les plus modestes. Ils doivent arbitrer entre préserver les deux revenus ou sacrifier l’un des emplois, le plus souvent celui de la femme.
Cette pénurie de places les contraint à opter pour un congé parental, créé à l’origine pour favoriser l’épanouissement familial, mais désormais vécu comme un choix forcé pour un tiers de ses 580 000 bénéficiaires.
Concernant la question du personnel d’encadrement le mieux-disant supposé du jardin d’éveil est très relatif. Un adulte pour douze enfants, c’est presque le même chiffre qu’à l’école maternelle alors qu’à la crèche le rapport est de un pour cinq ou de un pour huit selon l’âge.
Il est à craindre que la généralisation des jardins d’éveil ne remette en cause la scolarisation précoce et sa gratuité.
La mise en place de cette nouvelle structure est donc, à mes yeux, une forme de privatisation de l’école maternelle, un nouveau transfert de compétences vers les collectivités territoriales et, en définitive, un désengagement de l’État, ayant pour conséquence directe le renforcement des inégalités territoriales.
En cette période de crise, la mise en place d’un service public d’accueil de la petite enfance, gratuit et de qualité, serait plus que jamais nécessaire », a-t-elle conclu.
Intégralité de l’intervention sur dans la rubrique "Interventions en séance" - Question orale du 21 octobre 2009