dimanche, 26 mars 2017
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STOP EBOLA

STOP EBOLA

Françoise Laborde a interrogé Mme Marisol Touraine, Ministre de la Santé, sur le dispositif de lutte contre la propagation du virus Ebola déployé dans notre pays, à l'occasion de la première séance de questions d’actualité de la session parlementaire 2014 2015, le jeudi 16 octobre, au Sénat.

 

Elle a rappelé que l’épidémie qui sévit actuellement hors de nos frontières génère un phénomène de psychose, y compris en France.

Pour répondre aux inquiétudes légitimes de la population face aux risques de propagation, une campagne de prévention a été lancée, samedi dernier, par le gouvernement pour renforcer l’information du grand public avec notamment l’ouverture d’un numéro vert 0800 13 00 00.

Françoise Laborde souligne qu’« en matière de santé publique il est difficile de trouver un juste équilibre entre le principe de précaution et les excès de l’épisode de la grippe aviaire ».

Notre pays doit non seulement «déployer les moyens de la prévention nécessaires pour éviter la propagation du virus en assurant la santé et l’accès aux soins de toute la population » mais aussi tout mettre en œuvre pour éviter les erreurs commises ailleurs et les mouvements de panique, par exemple, à l’encontre des ressortissants des pays touchés par le virus ».

Elle a demandé à la Ministre de la rassurer par des réponses pragmatiques à des questions concrètes sur l’état des lieux du dispositif national de prévention et de lutte contre la progression du virus.

Texte de la Question :

Ma question s’adresse à Madame la Ministre des Affaires sociales, de la Santé et du Droit des Femmes. Elle concerne l’épidémie du virus EBOLA qui sévit actuellement hors de nos frontières, mais qui pourrait se propager en Europe et en France. Car Madame la Ministre, ma question a bien pour objet la préparation de la France et de vos services dans l’éventualité où la vague infectieuse viendrait à toucher notre pays. Comme chacun sait l’épidémie poursuit sa progression en Afrique de l’Ouest, on estime à 5.000 le nombre des victimes à ce jour, l’OMS prévoit 5.000 à 10.000 nouveaux cas par semaine avant la fin de l’année…, l’explosion du nombre de malades est déjà visible dans les capitales du Libéria, de la Sierra Leone et de Guinée où s’est rendue la Secrétaire d’Etat au Développement et à la Francophonie il y a quelques semaines et dont le groupe RDSE salue l’action sur la scène internationale puisqu’avec elle c’est la France qui est en première ligne sur ce dossier désormais qualifiée de « plus grave urgence sanitaire de ces dernières années » par les présidents OBAMA et HOLLANDE, la Chancelière MERKEL et les Premiers ministres CAMERON et RENZI. Madame la Ministre, alors que MSF évoque « une situation hors de contrôle » dans cette zone de l’Afrique comment ne pas redouter la propagation de l’épidémie en France ? En tout cas, il est de votre responsabilité de l’envisager. Les nécessaires contrôles sanitaires dans les aéroports seront très certainement insuffisants. Et la campagne de sensibilisation et d’information que vous avez mise en place il y a quelques jours est, elle aussi, bien évidemment nécessaire pour prévenir et protéger la population mais elle s’avèrera très insuffisante lorsqu’Ebola aura frappé sur notre sol. Dans ces conditions, Madame la Ministre, quel dispositif est prévu en cas de découverte d’un premier cas d’infection sur notre territoire ? Comment parvenir à l’identifier au plus vite, avant même qu’il ne devienne contagieux et qu’il ne se propage ? Et comment se passera l’entrée de ce « patient zéro » dans notre système de soin ? Nos établissements de santé seront-ils en capacité de faire face pour accueillir et soigner plusieurs patients infectés ? Aussi, que savez-vous de l’efficacité des traitements expérimentaux utilisés dans nos services de soins ? Sans envisager des stocks proches de ceux constitués (on s’en souvient) pour faire face à la grippe aviaire, dispose-t-on des quantités suffisantes ? Madame la Ministre, face à un risque de contamination du virus EBOLA sur notre territoire bien réel, même si probablement limité, la France est-elle prête ou le sera-t-elle ?