jeudi, 25 mai 2017
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Eloge de la laïcité

Eloge de la laïcité

Gérard Delfau, l'auteur, nous livre son plaidoyer en faveur d'une laïcité bien comprise.

Au coeur de l'actualité des élections présidentielles 2012, cet ouvrage tente de répondre aux questions de notre temps, sans stigmatiser, ni instrumentaliser, ce beau principe républicain.

Pour en savoir plus


Loin du politiquement correct, à l'heure où les extrêmes seuls semblent se réclamer des principes laïques qui ont fondé une part de l'identité nationale durant le siècle écoulé, ce livre est un plaidoyer en faveur d'une laïcité bien comprise, qui n'est ni stigmatisation ni eoucuménisme. Une laïcité de combat, dans un contexte où le revanchisme religieux, la quête éperdue de "sens" et le communautarisme ont contribué à brouiller les repères de la République.

Association EGALE Egalité Laïcité Europe
http://www.egale.eu

Note de l'auteur :

Écrit à chaud, mais à partir de l’engagement de toute une vie, cet ouvrage a pour objectif d'éclairer le débat sur la laïcité, qui est au cœur de l'élection présidentielle. Chacun des trois principaux protagonistes de ce combat sans pitié se définit par rapport au thème de la laïcité, qui est redevenu un enjeu politique majeur, pour des raisons internationales et pour des raisons proprement françaises.

- Nicolas Sarkozy a nourri tout au long de sa carrière et durant sa présidence le rêve du retour au régime concordataire de Napoléon Bonaparte (1801). Pourquoi a-t-il jusqu'ici échoué, sauf en ce qui concerne partiellement ses attaques contre l'école publique ? Qu'adviendrait-t-il en cas de second quinquennat ? Le général De Gaulle incarnait la tradition gallicane ; Jacques Chirac la tradition laïque classique, comme le montre son attitude sur le voile islamique. Nicolas Sarkozy, lui, représente l'allégeance vaticane et l'instrumentalisation de l'islam ; ce qui est sans précédent dans l'histoire de la Ve République.

- François Hollande tente une synthèse, sans toujours convaincre : « homme d'État » (dixit Chirac) lors du vote de la loi sur le voile islamique en 2004, il affirme aujourd'hui son intention d'inscrire le concept de Séparation des Églises et de l'État dans la Constitution ; mais dans le même temps, il entend constitutionnaliser aussi le statut concordataire de l'Alsace Moselle : une contradiction insurmontable, un faisceau de difficultés juridiques. Sa position a pourtant l'intérêt de reposer la question du statut dérogatoire de l'Alsace-Moselle (et de quelques territoires de l'outre-mer)) en matière de rapports entre l'État et les religions. Dans Éloge de la laïcité l'auteur se prononce pour le retour de ces territoires dans la loi commune, celle de 1905, mais progressivement. Il s'agit de renoncer au Concordat et d'instaurer en une génération sur l'ensemble du territoire national le principe de liberté absolue de conscience qui reconnaît aux athées et aux agnostiques, soit environ les deux tiers des Français, les mêmes droits et une égale dignité avec tous les croyants. Partant d'une position ouverte, François Hollande fait entrevoir un quinquennat fécond pour la laïcité et le rayonnement de cette « exception française » dans le monde.

- Quant à Marine Le Pen, elle a voulu faire une OPA sur la laïcité. Elle dit : « islam » et elle pense « arabe » (Marc Blondel). Elle dit « laïcité » et elle sous-entend « discrimination, xénophobie et racisme » à l'encontre des Français de confession ou de culture musulmane. Son prise de position a eu pour effet immédiat de conduire Nicolas Sarkozy à s’aligner sur la droite extrême, rompant une fois encore avec la tradition républicaine.

Reste que le problème demeure. Comment résister à l’islam radical qui tente de s’installer dans nos banlieues ? En étant ferme sur la neutralité de l’école et des services publics, tout en traitant simultanément la « question sociale », c’est-à-dire la pauvreté, le chômage et l’égalité de droit de la femme.

Tel est le paysage politique actuel à moins de deux mois de l'élection présidentielle.
Pourtant cette analyse n'est pas suffisante. On doit se demander si la bataille la plus difficile pour la laïcité ne se livre pas prioritairement sur un autre terrain, celui de l’école publique, comme au XIXe siècle. La montée en puissance de l’enseignement privé confessionnel, presque exclusivement catholique, ne menace-t-elle pas à terme l’existence même de l’école publique, en tant que fondement de la République ? En effet, sous nos yeux se construit en silence une « école de classe », financée par l’État et sous tutelle d’une Église catholique qui a pourtant perdu une grande partie de son ancrage dans la population française. Aujourd’hui, l’école catholique (et juive), demain l’école musulmane ? Et si l’enjeu majeur du combat laïque n’était pas les rapports de l’État et des religions, mais la réaffirmation d'une école publique, face aux écoles privées confessionnelles qui construisent, dès l’enfance, le communautarisme ? C'est la dernière question dérangeante que pose ce livre.
7 mars 2012

L'auteur: Gérard DELFAU
Ancien maître de conférences en littérature et civilisation françaises à la Sorbonne, il a été de 1980 à 2008, sénateur de l'Hérault, membre du groupe du Rassemblement démocratique et social européen. Il préside l'associaiton EGALE et a notamment publié "Du principe de laïcité: un combat pour la République".

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Extrait :

"Cet ouvrage témoigne de l'engagement de toute ma vie en faveur de la laïcité. Dans ma vie professionnelle d'abord, en tant qu'enseignant dans le second degré, puis dans le supérieur. Dans ma vie syndicale ensuite, au sein de la Fédération de l'Éducation nationale. Dans ma vie publique enfin, en tant que maire et sénateur de l'Hérault durant une trentaine d'années. Le chapitre intitulé «Voile islamique, voile intégral, fallait-il légiférer ?» renvoie très directement à l'exercice de mon mandat parlementaire. À chaque étape, c'est le principe de «liberté de conscience» - liberté absolue de conscience ¬tel que l'inscrit la loi de 1905 dans son Article Premier, qui a guidé mon attitude et mes actions.

Mais cet ouvrage est aussi une œuvre collective, dans la mesure où il se fait l'écho de très nombreuses discussions au sein des associations, lors de colloques et conférences, lors de mes rencontres avec les maires et dans le cercle de mes amis. Le rôle qu'a tenu ma femme dans son élaboration, sa transcription et sa mise en forme ne peut se décrire. Tout au  long de la rédaction, il a bénéficié de la rigueur de sa pen¬sée, de nos échanges et de notre communauté de vues. Mais sans l'intervention très personnelle de Véronique Sales, mon éditrice, il n'aurait pas pris ce tour volontairement pédagogique: chaque chapitre énonce une question que chacun se pose, et il tente d'y répondre, pour mieux cerner l'étonnante actualité du principe de laïcité en France et dans le monde.

Ouvrage engagé. Ouvrage militant. Mais œuvre de bonne foi, comme aurait dit Montaigne. C'est ainsi que je le livre au débat démocratique et à la réflexion de tous ceux qui s'interrogent sur le devenir de notre société républicaine."
Gérard Delfau Paris, le 8 février 2012