Risques liés à l'utilisation des terrains de sports synthétiques

Risques liés à l'utilisation des terrains de sports synthétiques

Mardi 22 mai, j'ai interrogé la Ministre des solidarités et de la santé au sujet des riques liés à l'utilisation des terrains de sports synthétiques suite à l'interpellation de plusieurs élus locaux.

Voici le texte intégral de ma question :

Ma question porte sur les menaces à la santé publique et les problématiques engendrées par la dangerosité des terrains de sport synthétiques. Depuis le mois de novembre, les médias se font l’écho des sérieux risques pour la santé rencontrés par les usagers lors de la fréquentation de ces gazons artificiels. En effet, ces stades, présentant par ailleurs des avantages de rentabilité indéniables, qui sont le plus souvent des propriétés communales et qu’on compte par milliers dans notre pays, sont couverts d’une très grande quantité de granulats issus du recyclage de pneus broyés.
Ces substances seraient selon plusieurs études récentes fortement nocives à la fois pour la santé, avec la présence de composés hautement cancérogènes, mais également pour l’environnement. En première ligne, les élus municipaux, qui, alertés par les usagers se retrouvent au cœur d’une bataille de chiffres et d’études sur fonds d’intérêts industriels, et en proie à de sérieux dilemmes financiers.
Des solutions existent, telles que l’aspiration des billes et le remplacement par des matériaux naturels, ou encore l’encapsulement par résine, mais elles présentent un coup élevé. En outre, de nombreux terrains sont actuellement en commande ou construction, et le simple report, envisagés par certains élus entraîne lui aussi des frais colossaux.

Interpellé par plusieurs parlementaires, le ministère des sports a répondu en des termes ambigus, pointant à la fois des études rassurantes, mais également des incertitudes, avec pour conséquences la saisine par six ministres de l’agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail, laquelle devrait rendre ses premiers résultats très prochainement.  
Selon les données invoquées, qui ont d’ailleurs, été très lourdement contredites, les risques sur la santé seraient négligeables du fait d’un seuil de toxicité en accord avec les normes européennes pour les composés chimiques contenus dans ses billes, issues rappelons-le de pneus broyés.
Or, c’est précisément le problème puisque comme l’ont souligné des chercheurs néerlandais, le règlement européen a été bâti sur l’usage normal que l’ont fait des pneus automobiles, et se révèle par conséquent tout à fait inadapté pour discuter de la toxicité de ces granulats broyés dont l’exposition et les sources de contact pour les personnes sont démultipliées : frottements, respiration des émanations, ingestion, etc. Et il faut des années pour changer un règlement européen !
Le principe de précaution, vous le savez, nous invite à ce qu’en cas de risque de dommages graves et irréversibles, l’absence  de certitudes scientifique absolue ne serve pas de prétexte pour remettre à plus tard l’adoption de mesures effectives.
C’est pourquoi je vous demande, M. le Ministre, la mise en place d’un fonds d’urgence à destination des collectivités territoriales afin de les aider, à engager des travaux de mise en sécurité de leurs équipements, à reporter leurs marchés publics en attente des conclusions de l’ANSES, ou encore à communiquer sur les risques encourus.
Je vous remercie.